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Cyber & digital
Gestion des risques

Cyberattaque : votre entreprise est-elle réellement couverte ?

Mark LAVOYE

Directeur opérations et transformation

12 May 2026

Résumé

Les cyberattaques ne concernent plus uniquement les grands groupes. PME, cabinets médicaux, agences d’intérim ou professions libérales sont aujourd’hui des cibles privilégiées. Et contrairement à une idée reçue, beaucoup d’entreprises pensent être protégées… alors que leurs contrats excluent en réalité une grande partie des risques cyber.

Cyberattaques : une explosion des risques pour les entreprises

Pendant longtemps, la cybersécurité était perçue comme un sujet réservé aux grandes entreprises.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Selon le rapport 2024 de Cybermalveillance.gouv.fr, les PME représentent désormais une cible majeure des cybercriminels. Les attaques se multiplient notamment via :

  • les emails frauduleux,
  • les rançongiciels,
  • le piratage de comptes,
  • les faux ordres de virement,
  • les vols de données clients.

En France, le coût moyen d’une cyberattaque pour une PME est estimé entre 15 000 € et 50 000 € selon les études du CESIN et d’Allianz Risk Barometer.

Certaines entreprises mettent plusieurs semaines à reprendre une activité normale.

Pourquoi les PME sont particulièrement vulnérables

Contrairement aux grandes structures, les PME disposent rarement :

  • d’une équipe cybersécurité,
  • d’outils de supervision avancés,
  • d’un plan de continuité robuste,
  • d’une formation régulière des équipes.

Et pourtant, elles détiennent des données sensibles :

  • informations clients,
  • coordonnées bancaires,
  • données RH,
  • dossiers médicaux,
  • contrats,
  • accès fournisseurs.

Les hackers le savent parfaitement.

Selon Verizon Data Breach Investigations Report 2024, plus de 70 % des cyberattaques impliquent encore une erreur humaine :

  • clic sur un lien frauduleux,
  • mot de passe faible,
  • ouverture d’une pièce jointe piégée,
  • usurpation d’identité.

La cybersécurité n’est donc plus uniquement un sujet informatique.
C’est devenu un sujet de gestion des risques.

Beaucoup d’entreprises pensent être couvertes… mais ne le sont pas

C’est probablement le point le plus dangereux.

De nombreux dirigeants imaginent que leur assurance multirisque professionnelle couvre automatiquement :

  • les pertes de données,
  • le blocage informatique,
  • les rançons,
  • les pertes d’exploitation liées à une attaque,
  • les frais d’experts,
  • les conséquences RGPD.

Dans la réalité, ces garanties sont souvent :

  • limitées,
  • plafonnées,
  • ou totalement exclues.

Certaines assurances ne couvrent par exemple :

  • que les dommages matériels,
  • uniquement les attaques externes,
  • ou excluent les erreurs humaines internes.

D’autres imposent des conditions très précises :

  • sauvegardes régulières,
  • antivirus à jour,
  • authentification multifacteur,
  • procédures de sécurité documentées.

Sans ces éléments, l’indemnisation peut être refusée.

Quels sont les risques financiers réels ?

Une cyberattaque peut générer plusieurs niveaux de coûts.

Les coûts directs

  • intervention d’experts informatiques,
  • restauration des données,
  • arrêt des serveurs,
  • remplacement de matériel,
  • frais juridiques.

Les coûts indirects

  • perte d’activité,
  • atteinte à la réputation,
  • départ de clients,
  • perte de confiance,
  • impact RH.

Les sanctions réglementaires

En cas de fuite de données personnelles, la CNIL peut également intervenir.

Le RGPD prévoit des sanctions pouvant atteindre :

  • 20 millions d’euros,
  • ou 4 % du chiffre d’affaires mondial annuel.

Même si ces montants concernent surtout les grands groupes, les PME restent exposées à des procédures et obligations importantes.

Comment savoir si votre entreprise est réellement couverte ?

La première étape consiste à analyser précisément :

  • les garanties incluses,
  • les exclusions,
  • les plafonds,
  • les franchises,
  • les conditions d’application.

Il faut notamment vérifier :

  • la couverture des pertes d’exploitation,
  • les frais de reconstitution de données,
  • la gestion de crise,
  • l’accompagnement juridique,
  • l’assistance informatique,
  • la responsabilité liée aux données clients.

Certaines assurances cyber incluent également :

  • une hotline d’urgence,
  • des experts en négociation,
  • des spécialistes en communication de crise,
  • un accompagnement RGPD.

Toutes les protections ne se valent pas.

Les secteurs particulièrement exposés

Certaines activités sont devenues des cibles prioritaires :

  • professions de santé,
  • cabinets dentaires,
  • agences d’intérim,
  • entreprises multisites,
  • PME avec télétravail,
  • structures manipulant des données sensibles.

Les cabinets médicaux et dentaires sont notamment très vulnérables en raison :

  • des données patients,
  • des logiciels métiers,
  • des équipements connectés,
  • de la dépendance informatique quotidienne.

Une interruption de quelques jours peut désorganiser totalement l’activité.

La cybersécurité devient un sujet stratégique

La question n’est plus :

“Mon entreprise peut-elle être attaquée ?”

Mais plutôt :

“Quand cela arrivera, serons-nous capables de continuer à fonctionner ?”

Aujourd’hui, la gestion du risque cyber repose sur trois piliers :

  • prévention,
  • sécurisation,
  • couverture assurantielle adaptée.

Les entreprises qui anticipent ces sujets limitent généralement :

  • les pertes financières,
  • les interruptions d’activité,
  • les impacts réputationnels.

La cyberassurance n’est plus un produit “optionnel”.
Elle devient progressivement un outil de continuité d’activité.

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